L’écume des jours

Le livre de Boris Vian est un chef d’œuvre faisant partie de l’inconscient collectif, sublimé et porté aux nues part plusieurs générations, auquel rien ne peut être reproché. C’est à ce mythe que s’attaque un brillant faiseur d’images, Michel Gondry, himself.  Le résultat connaît quelques faiblesses, venant en partie du livre.

Image

Est-ce qu’un fan du roman sera également un fan du film ? Si oui, alors Gondry a réussi son pari. Il projette et verse son univers dans celui de Vian. Tout deux peuvent sembler similaires, voir complémentaires. Or, Gondry ne s’approprie pas l’histoire, il ne fait que mettre en image l’esprit inventif de Vian, ce qui est déjà pas mal et plutôt réussi, c’est Michel Gondry après tout…

Image

Le film, tout comme le roman se compose de deux parties, la première, colorée, légère et insouciante, puis une deuxième où l’oppression se met progressivement en place et vient apporter une touche d’émotion. Comme dans le livre, la présence excessive des gadgets est un problème majeur qui vient noyer l’histoire d’amour, pourtant au cœur du récit.

On peut regretter le fait que Gondry efface et passe un peu légèrement sur un passage important du roman. En effet, le labeur effectué par Colin en usine, qui se tue à la tâche pour subvenir aux besoins de sa bien-aimée, traduisant une critique de l’industrialisation par Vian, disparait dans cette version cinématographique, ce qui enlève un peu de noirceur à la dramaturgie. D’autre part le choix des acteurs (scène comique française… !!), laissait craindre un excès dans l’interprétation des personnages. Il n’en est rien, ils sont ici tout en retenue, de peur d’en faire trop. Ce qui créé cependant une distance entre eux et leurs personnages respectifs et à fortiori une absence cruelle d’émotion.

ImageLe dernier ¼ d’heure se détache du reste du film par sa forme et son traitement, le contraste avec ce qui précède met d’autant plus en lumière ce qui fait défaut à la majeure partie du film. Tous ces bricolages et ingénieuses trouvailles « à la Gondry » finissent par se mettre au service de l’histoire et ne sont plus les arguments principaux du film.  Nous versons enfin dans une histoire amoureuse, l’histoire de la vie, les heures sombres d’un cœur triste et malheureux se traduisant pas un sublime noir et blanc, le tout « ouatée », quasi-muet. Gondry sauve les meubles, mais un peu tard …

ImageBetty & Mr Elms

Une réflexion sur “L’écume des jours

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s